Les Nouveaux Riches : voici les villes françaises qui partagent le plus en 2026
Bordeaux, Montpellier, Lyon, Paris et Lille : ce sont les 5 villes françaises où les habitants partagent le plus, selon le premier Classement des Villes du Partage publié par le Collectif des Entreprises du Partage. Un palmarès inédit, construit sur les données de 10 plateformes de l'économie collaborative, qui révèle une bascule profonde dans les habitudes de consommation des Français face à l'inflation.

Partager sa voiture, échanger sa maison pour les vacances, louer le Kärcher du voisin : ce qui passait pour "alternatif" il y a cinq ans est en train de devenir un réflexe ordinaire.
Les Nouveaux Riches : un collectif né de l'inflation
L'idée est partie d'un constat simple et un peu provocateur : la vraie richesse aujourd'hui ne réside plus dans ce qu'on possède, mais dans ce à quoi on peut accéder en partageant, ou en louant. C'est la philosophie derrière la campagne Les Nouveaux Riches, initiée par le Collectif des Entreprises du Partage.
Ce collectif réunit dix acteurs majeurs de l'économie collaborative en France : HomeExchange (échange de maisons), Poppins (location d'objets), BlaBlaCar (covoiturage), Getaround (location de voiture entre particuliers), Lokki (location d’équipement et matériel sportif entre particuliers), Geev (dons d'objets), Les Biens en Commun (location d’objets), MyTroc (troc), Lib et Lou (location de jouets), et DressLike (mode).
Ensemble, ils couvrent presque tous les pans de la vie quotidienne : se déplacer, se loger pour les vacances, meubler son appartement, s'habiller, se déplacer. Et ensemble, ils publient pour la première fois un baromètre commun : le Classement des Villes du Partage.
Le contexte qui rend ce classement particulièrement pertinent, c'est l'inflation persistante. Selon le Baromètre GreenFlex-ADEME de la consommation responsable (2024), 55 % des Français limitent désormais leurs achats de produits neufs. Les raisons sont d'abord économiques (58 %) puis écologiques (42 %). Face à des budgets sous pression, les Français s'organisent : ils empruntent, louent, échangent, donnent. Ce n'est plus seulement un choix militant, c'est aussi un besoin économique.
Le top 10 : Bordeaux devant Montpellier et Lyon
Le classement agrège les données de dix plateformes sur une période d'un an (avril 2025 à avril 2026). Il mesure, ville par ville, l'intensité des pratiques de partage entre particuliers : covoiturage, échanges de maisons, locations d'objets, dons, trocs. Seules les villes de plus de 100 000 habitants sont incluses.
Le palmarès complet :

Ce qui frappe dans ce palmarès, c'est la diversité géographique. Le partage n'est pas un phénomène parisien ou une spécificité des grandes métropoles. Montpellier devance Paris, Annecy (moins de 130 000 habitants) figure devant Toulouse, Montreuil figure dans le Top 10. Le partage s'installe partout, à des rythmes différents, mais avec une tendance de fond commune.
Bordeaux : capitale du partage
La ville girondine affiche des indicateurs en hausse sur tous les modes de partage.
Côté hébergement, HomeExchange enregistre plus de 2 165 échanges de maisons depuis le 1er janvier 2026, soit +37 % par rapport à la même période en 2025, représentant 26 725 nuitées (+23 %). Côté objets, Poppins compte 514 locations réalisées sur les cinq premiers mois de l'année, en progression de +200 % par rapport au second semestre 2025.
Et côté autopartage ? À Bordeaux, les inscriptions de nouvelles voitures sur Getaround ont progressé de 63 % depuis mars 2026 par rapport à la même période l'année précédente. Une hausse qui reflète à la fois la confiance croissante des propriétaires dans l'autopartage et la demande structurelle d'une ville où posséder une voiture en centre-ville est de moins en moins rentable.
Pourquoi l'économie du partage change concrètement le budget des ménages
Au-delà des classements, ce qui compte, ce sont les économies réelles. Le Collectif a calculé ce que le partage représente concrètement en euros pour les ménages français.
Côté vacances, passer par HomeExchange pour échanger son logement permet de réduire le budget global d'une semaine de vacances jusqu'à 35 %. Sur un budget de 1 500 € pour une semaine en famille, c'est plus de 500 € d'économies, rien qu'en échangeant son appartement plutôt qu'en réservant une location touristique.
Côté équipements, avec seulement deux objets loués par semaine sur Poppins, un utilisateur peut générer environ 130 € par mois. À l'inverse, quelqu'un qui loue plutôt qu'achète évite l'achat d'équipements dont il n'a besoin qu'une ou deux fois par an.

Côté transport , l'autopartage entre particuliers change l'équation pour les ménages urbains qui n'ont pas de voiture ou qui possèdent un véhicule sous-utilisé. Louer une voiture de quartier pour un trajet précis revient à payer uniquement ce qu'on consomme, sans les charges fixes d'un véhicule personnel.
À Lyon, Montpellier ou Paris, trouver une voiture pour quelques heures est devenu une alternative courante à posséder une voiture à plein temps. Et pour les propriétaires, c'est une façon de faire travailler un véhicule qui passerait autrement 80 % de son temps à l'arrêt.
L'usage prend le pas sur la possession : un changement de paradigme
Ce que révèle le Classement des Villes du Partage, c'est davantage qu'une tendance de consommation, c'est un changement de rapport à la propriété.
Pendant des décennies, posséder signifiait être riche : sa voiture, sa maison de vacances, sa perceuse, sa garde-robe. Plus vous possédiez, plus vous étiez supposé être à l'abri. L'inflation a rendu ce modèle moins évident, car posséder coûte cher. Entretenir, assurer, stocker, tout a un prix.
Les plateformes de l'économie collaborative ont proposé une alternative : accéder à ce dont on a besoin, sans nécessairement le posséder. Et cette alternative devient compétitive, non seulement sur le plan du coût, mais aussi sur celui de la praticité. Réserver une voiture depuis son téléphone, trouver une shampouineuse à emprunter chez un voisin, échanger son appartement parisien contre une maison de pêcheur en Bretagne, ces usages sont devenus simples et sûrs.
Emmanuel Arnaud (HomeExchange) et Lucie Basch (Poppins), porte-paroles du Collectif, résument bien l'idée: « La véritable richesse aujourd'hui ne réside plus seulement dans ce que l'on possède, mais dans ce que l'on est capable de partager en toute confiance. »
👉 Pour en savoir plus sur le collectif des Nouveaux Riches
