Enquête ADEME 2025 : ce que l’autopartage change vraiment pour les Français
Imaginez une ville où chaque voiture garée dans votre rue servirait à 5, 6, voire 7 personnes au lieu d'une seule. Où les places de stationnement deviendraient des terrasses, des pistes cyclables, des espaces verts. C'est exactement ce que l'autopartage rend possible, et c'est ce que démontre, chiffres à l'appui, la grande Enquête Nationale Autopartage 2025 que vient de publier l'ADEME.
Cette étude de référence, menée par le cabinet 6t auprès de plus de 7 000 usagers, mesure pour la cinquième fois depuis 2012 l'impact réel de l'autopartage sur nos vies, nos villes et notre planète. L’autopartage entre particuliers y joue un rôle important, et nos communautés d’utilisateurs et de propriétaires y contribuent à leur échelle. Voici ce que les données révèlent.

Qu’est-ce que l’autopartage change vraiment dans nos villes ?
L'autopartage réduit le nombre de voitures en circulation et libère de l'espace public. Selon l'enquête ADEME 2025, une seule voiture en autopartage remplace entre 5 et 7 voitures personnelles, et chaque véhicule partagé libère jusqu'à 2 places de stationnement en voirie. À l'échelle d'un quartier, l'effet devient vraiment visible.
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6 usagers sur 10 se séparent d’au moins un véhicule
C'est l'un des résultats les plus marquants de l'étude : parmi les utilisateurs de l'autopartage, environ 60 % se sont séparés d'au moins un véhicule dans le foyer après leur inscription à un service. Et pour la moitié d'entre eux, c'est précisément parce qu'ils avaient accès à l'autopartage qu'ils ont osé franchir le pas.
Le mécanisme est simple : l'autopartage lève le principal frein psychologique à la démotorisation. Se séparer de sa voiture, c'est souvent angoissant. « Et si j'en ai besoin pour une grosse course ? Pour un week-end à la campagne ? » L'autopartage apporte une réponse concrète : vous avez accès à un véhicule quand vous en avez besoin, sans supporter les coûts d'une voiture immobilisée 95 % du temps.

1 voiture partagée remplace 5 à 7 voitures personnelles
À l'échelle collective, l'effet est remarquable. Là où chaque ménage possédait « sa » voiture, un seul véhicule partagé sert désormais à plusieurs usagers actifs qui l'utilisent à tour de rôle. Cinq à sept voitures en moins dans votre quartier pour chaque véhicule en autopartage : multipliez par le nombre de voitures partagées en France, et le changement d'échelle urbaine devient tangible.
Jusqu'à 2 places de stationnement libérées par voiture partagée
Deux places, cela peut sembler modeste. En ville, c'est de l'espace pour un banc et un arbre, une terrasse de café, un arceau vélo, un trottoir suffisamment large pour une poussette. À l'heure où les métropoles françaises repensent leur rapport à la voiture (ZFE, piétonnisation, pistes cyclables), l'autopartage s'inscrit naturellement dans cette transformation de l'espace public.
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L’autopartage réduit-il vraiment les émissions de CO₂ ?
Oui, et de façon mesurable. L'enquête ADEME 2025 chiffre qu'une voiture en autopartage supprime entre 18 000 et 48 000 kilomètres parcourus en voiture personnelle par an. À l'échelle individuelle, un autopartageur réduit en moyenne son usage de la voiture de 750 à 2 000 km annuels. Ces kilomètres sont reportés sur des modes de transport bien moins polluants.

Les autopartageurs utilisent massivement le vélo et les transports en commun
Les données sont saisissantes. Pour aller au travail, un autopartageur (location entre particuliers) n'utilise la voiture que 4 % du temps, contre 74 % pour la moyenne nationale. Ces déplacements se répartissent vers le vélo (33 % des trajets domicile-travail, contre 4 % en moyenne nationale), les transports en commun (43 %, contre 16 %) et la marche (20 %, contre 8 %).

L'autopartage ne remplace donc pas simplement une voiture individuelle par une voiture partagée : il enclenche un cercle vertueux où l'on choisit, pour chaque trajet, le mode de transport le plus adapté. L'étude parle d'un passage d'une « mobilité réflexe » à une « mobilité choisie ». Et ce changement s'installe dans la durée : le suivi des usagers entre 2022 et 2025 montre que ces nouvelles habitudes restent stables.
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Combien économise-t-on grâce à l’autopartage ?
Entre 400 et 1 000 € par an en moyenne, selon l'étude ADEME 2025. Ce calcul intègre l'ensemble des coûts souvent sous-estimés de la possession d'un véhicule : assurance, entretien, carburant, stationnement, contrôle technique, décote... Selon les barèmes kilométriques 2026, posséder et faire rouler une voiture coûte entre 0,52 et 0,59 € par kilomètre.
Plus d'un usager sur deux déclare d'ailleurs que l'autopartage a amélioré son pouvoir d'achat. La logique est simple : quand on cesse de payer assurance, crédit auto, parking et carburant pour un véhicule utilisé quelques heures par semaine, les économies sont immédiates.

Un budget mobilité transparent et maîtrisé
Avec l'autopartage, vous ne payez que ce que vous consommez. Pas de mauvaise surprise liée à une réparation imprévue, pas de décote silencieuse, pas de plein d'essence subi quand les prix fluctuent. Vous réservez un véhicule quand vous en avez besoin, vous le rendez une fois votre trajet terminé, et vous connaissez le coût à l'avance. C'est le passage de la logique de possession (coûts fixes, voiture ou non) à la logique d'usage (on ne paie que quand on roule).
La pratique de l’autopartage est-elle déjà répandue en France ?
L’autopartage s’est progressivement imposé dans les pratiques de mobilité des Français. Près de 60% des titulaires du permis déclarent aujourd’hui connaître ce service, un niveau inédit en France . Le potentiel de développement est encore significatif : entre 3,5 et 4 millions de nouveaux usagers pourraient franchir le pas dans les prochaines années, portant le marché total à environ 5 millions de personnes.

L'Enquête Nationale Autopartage 2025 analyse l'ensemble des formes d'autopartage en France, et la location entre particuliers (le modèle sur lequel repose Getaround) y occupe une place centrale. Ce qui rend ce modèle particulièrement efficace, c'est qu'il s'appuie sur les voitures déjà présentes sur le territoire. Pas besoin de déployer une flotte dédiée : ce sont les propriétaires eux-mêmes qui mettent leur véhicule à disposition quand ils ne l'utilisent pas. Résultat : le service peut fonctionner aussi bien dans une grande métropole que dans une ville moyenne, partout où des propriétaires décident de partager leur voiture.
👉 Etude complète à retrouver ici